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Interview Sylviane Berthod
Nous sommes le vendredi 27 février 2009… Calme, posée, sûre d’elle et avec un regard qui vous transperce comme si elle était capable de lire à travers vous et de répondre à vos questions avant que vous ne lui ayez posées, je discute avec Sylviane Berthod. Du peu que je la connaisse je m’interroge sur cette femme qui a développé une sacrée maturité, certainement grâce, en tout cas en partie, à la compétition de haut niveau. Nous évoquons divers sujets en reprenant un verre. Nous abordons assez naturellement la course à pied et Sylviane me dit qu’elle a déjà participé à un semi marathon… nous nous mettons d’accord et l’interview pour Esprit Course aura bien lieu, car quand une championne de ski comme Sylviane Berthod se confie en toute simplicité sur une expérience sportive autre que la sienne, cela aiguise notre curiosité…
Stéphane Abry : Sylviane, quand et où as-tu couru ton premier semi marathon ? Sylviane Berthod : J'ai couru mon 1er semi-marathon le 30 août 2008: C'était lors du Marathon des Alpages entre Anzère et Leukerbard. J'ai donc couru la 1ère partie jusqu'à Crans-Montana avant de passer le relais à ma collègue qui poursuivit jusqu'à Loèche-les-bains. SA : Comment s’est déroulée cette grande première ? SB : Ce fut extrêmement difficile, mais une chouette expérience. Rien que pour le coup d'oeil panoramique ça valais la peine... Les 1ers 10km furent impeccable, ce qui correspond à 1h de course... la suite fut un peu plus galère et j'en ai vraiment bavé... Je n'avais jamais participé à une course populaire et même s'il n'y avait pas beaucoup de monde, les encouragements des bénévoles lors des ravitaillements et tout au long du parcours étaient les bienvenus et très motivants. SA : Si c’était à refaire, qu’est-ce que tu changerais ? A quoi serais-tu plus attentive ? Comment se déroulerait ta préparation ? SB : Même que je m'y étais préparée, je devrais m'entraîner encore plus. J'ai couru régulièrement durant tout l'été. Au début 2 fois par semaines, puis 3 fois et la semaine qui précéda le grand jour, j'y suis allée encore 2 fois mais plus en footing léger afin de ne pas me charger d'acidité. A chaque fois j'essayais d'allonger mon temps de course. SA : Comment comparerais-tu l’effort du ski et l’énergie donnée en course à pied ? SB : 2 mondes… mon sport n'étant pas du tout un sport endurant. Nos qualités physiques ressemblent plus à celle d'un athlète courant le 800m : puissant, réactif, résistant, le tout sur une distance courte. Bien sûr qu'il nous faut aussi un fond endurant afin de pouvoir enchaîner courses sur courses durant l'hiver, mais rien à voir avec une course de plus de 3h.. De plus j'ai déjà pas à la base un physique endurant, j'suis plutôt "costaude", du coup ça en fait de la masse musculaire à porter... Durant l'effort par contre, je me suis rendue compte de l'importance du mental dans la course à pied. C'est lui qui m'a fait aller jusqu'au bout et trouver les ressources nécessaires pour ne pas lâcher. Dans le ski, le mental est extrêmement important avant et après la course; pendant, je dirais qu'il doit aussi être solide, car malgré une erreur de parcours il faut pouvoir se reconcentrer de suite, mais à ce moment-là son rôle est moins important. Par contre c'est-lui qui va nous booster avant le départ et donner la confiance nécessaire pour "envoyer du gros", et une fois l'arrivée franchie, il doit nous aider à surmonter la défaite et nous tirer en avant pour la cours suivante ou gérer une victoire (ce qui peut être très déstabilisant) SA : Depuis ce « grand moment » chausses-tu encore les baskets pour tracer la route ? SB : Il vrai que je n'ai plus trop couru par la suite... pas dégoûtée mais j'avais eu ma dose pour un moment... maintenant j'aime bien de temps en temps le soir ou le matin en fonction de mon planning aller courir un moment. Je ne suis pas assez mordue pour enchaîner les km et c'est vrai qu'après 35-40 min j'en ai marre. Je prends ce sport plus pour un "défouloir" que pour un moment d'émotions intenses. Je trouve un peu monotone comme activité, mais malgré tout bien pratique lorsqu'on a un emploi du temps chargé et que l'on a pas forcément 2-3h devant soit pour faire une montée en peau de phoque ou une virée à vélo. SA : Pour Esprit Course serais-tu prête à renouveler le défi, courir un semi ? Si non pour quelles raisons ? Si oui qu’est-ce qui te motiverait ? SB : Je devrais bien réfléchir… Avec l'idée d'un défi à relever ou pour une bonne cause, je retenterais l'aventure et ça m'aiderait à me motiver à garder la forme... mais il faut un but au bout, courir un semi "juste pour le plaisir", ça non. C'est tellement difficile... ça m'a jamais fait peur de faire du sport dans la douleur (dans le ski on en sait quelque chose) mais je devais toujours savoir pourquoi je le faisais et surtout qu'est-ce qu'il pouvait avoir au bout... Stéphane Abry (11.05.2009)
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