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Interview Agnès Wutrich, journaliste à la TSR
Stéphane Abry : La course à pied, depuis quand ? Agnès Wuthrich : Il m'arrivait de courir ponctuellement, mais j'étais plus sport en salles, etc. Le déclic est venu après ma grossesse... Le vrai début, ça a été une année environ après la naissance de ma fille, à Noël 2006 : je suis allée voir un coach spécialisé, qui m'a fait subir des tests et qui m'a fourni mon premier plan d'entraînement. C'est lui aussi qui m'a motivée à faire ma première course, comme un premier objectif : c'était en avril 2007, le Tour des Parcs à Cologny dans le canton de Genève... Ont suivi le Tour du Canton de Genève, puis Morat Fribourg en octobre de la même année.
SA : Qu’est-ce qui t’y a « poussé » ? AW : Le premier moteur a été de me retrouver, tant psychologiquement que physiquement. J'ai vécu la naissance de ma fille comme un moment très fort, positivement. Mais passé ce cap, j'avais besoin de renouer avec moi-même, de retrouver des sensations que j'avais un peu mises entre parenthèses durant ma grossesse et les mois qui ont suivi, parce que, tout simplement, rien n'était plus comme avant.
SA : Pour toi, en quoi est-ce important de courir ? AW : Je l'ai ressenti très fort quand j'ai dû mettre un frein, suite à une tendinite... Courir est vraiment mon antidote à presque tout... Physiquement, courir m'aide à contrer les effets de ma gourmandise... Et quand je suis épuisée, je sais que puiser dans mes dernières réserves d'énergie pour sortir, même pas longtemps, me permettra sans doute de me "défatiguer".. C'est aussi l'un des rares moments où je suis vraiment seule : à moins qu'il fasse nuit ou mauvais temps, je pars sans mon téléphone, parfois avec de la musique, parfois sans. Et je laisse mon esprit prendre le chemin qu'il veut. C'est essentiel. Je sais que quels que soient mes soucis, après une heure de course, ils se seront volatilisés. J'ajouterai que, pour la non-sportive absolue que j'ai pu être adolescente, voir ma progression, savoir que je suis capable de courir un semi-marathon et peut-être bientôt un marathon, c'est un truc à vous rebooster la confiance en soi...
SA : Ton meilleur souvenir de coureuse ? AW : Il y en a beaucoup... Morat-Fribourg, parce que ça a été ma première "grande" course... Et puis le mythe a fait que mes amis, mon mari étaient présents et qu'ils ont été très fiers de moi... Mais il y a aussi toutes ces sorties, dont parfois on n'anticipe pas la qualité et qui sont des moments de pure magie, inoubliables... Je me souviens par exemple d'un dimanche matin il n'y a pas très longtemps, où j'étais juste seule au monde, dans la nuit et les flocons, les pieds dans la neige vierge... Parfois, c'est juste la coïncidence d'un rayon de soleil dans les arbres et d'un bon morceau de musique dans les oreilles... En fait, je pense que c'est surtout après des moments comme ceux-là que je cours.
SA : La course à laquelle tu rêves de participer... AW : Comme beaucoup sans doute, le marathon de New-York... Et ce sera pour novembre 2009 !... Publié le 09 mars 2009
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