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Interview Julia Alter

3ème aux mondiaux de 24h 2010 à Brive et médaillée de bronze aux championnats d'Europe, Julia Alter se prête au jeu de l'interview.
Stéphane Abry : Comment es-tu venue à l'ultra-marathon ? JA : Ce n’est pas de ma faute… c'est de famille. Ma mère a commencé avec ce sport de fou, elle préférait les 100 km et aujourd'hui à l'âge de 65 ans elle court toujours.
SA : Qu'est-ce qui te motive dans des épreuves comme les 24 heures ? JA : Quelques jours après la course, quand la douleur baisse, c'est magnifique ! Sans blague, pour moi c'est principalement un défi mental. Je trouve que c'est vraiment fascinant de développer des stratégies pour tenir le coup, et pendant chaque course on apprend de nouveaux trucs qui aident à améliorer sa tactique et probablement aussi sa performance.
SA : Quand ça fait mal, tu penses à quoi pour continuer à avancer ? JA : Je pense au temps que j'ai investi dans mon entraînement, on ne doit pas jeter loin une préparation comme ça. Je pense aussi à mon ravitailleur qui est venu exprès pour moi, donc il mérite que je donne le meilleur. D'ailleurs, mon ami Christian Fatton ne serait pas content de moi s’il apprenait que j'ai abandonné seulement à cause d'ennuis. En plus il est toujours si fier de moi quand je me bats vaillamment, c'est chou, que je ne veux pas le décevoir. De toute façon, JE VEUX COURIR, c'est pourquoi je suis là, même si j'oublie ça de temps en temps, mais par expérience je sais aussi que je perds la mémoire...
SA : Il parait que tu es capable à l'entraînement de courir une centaine de kilomètres (Tour du lac de Neuchâtel)... En quoi est-ce utile de faire des sorties aussi longues ? JA : A mon avis c'est nécessaire pour préparer la musculature et le mental pour les 24 h. Autrement, pendant ces longues excursions on peut tester la nourriture et la boisson, parce que les problèmes d'estomac surviennent seulement après quelques heures.
SA : A quoi ressemble une de tes semaines type d'entraînement ? JA : Quand je me prépare pour un 24 h je cours entre 80 et 200 km par semaine, mais jamais plus que 600 km par mois. Cela veut dire que quand je cours 200 km pendant une semaine, la semaine suivante je fais beaucoup moins ou presque rien. De plus, je fais de courtes compétitions (en priorité courses de côtes) pour ne pas perdre trop de vitesse.
SA : Médaille de bronze aux championnats d'Europe des 24h et aux mondiaux avec un peu plus de 230 km. Avec le recul comment te sens-tu face à ces podiums ? A ce kilométrage ? JA : Quand j'ai commencé à courir des 24 h à l'âge de 23 ans, j'ai fait beaucoup moins de kilomètres sur cette distance qu’aujourd’hui. J'ai toujours pensé que les femmes qui couraient 220 km et plus étaient des bêtes... je n'ai jamais pensé qu'un jour je serais capable de faire pareil. A contrario, aujourd'hui je suis aussi une bête ou à l'époque je me suis trompée…
SA : Comment as-tu vécu ces championnats du monde ? JA : C'était un magnifique spectacle où j'ai rencontré beaucoup d’amis coureurs du monde entier. J'étais très heureuse que nous deux, mon ami Christian et moi, étions qualifiés et que nous pouvions courir dans la même course. J'ai essayé de courir régulièrement... après 1 heure j'étais seulement 62ème femme... mais j'ai tenu le coup et donc je suis remontée au classement jusqu'à la fin. Ce championnat du monde à Brive était très bien organisé sur toute la ligne, un grand éloge à l'organisation.
SA : Comment as-tu fais pour récupérer ? JA : Je ne cours pas pendant une semaine et après je recommence... on verra comment ça va. Après des courses comme ça j'essaye d'apaiser mon corps... il a bien travaillé... il mérite du repos.
SA : Un conseil pour celles et ceux qui veulent se lancer sur une telle épreuve ? JA : Cette question j'aimerais la passer à Christian (sourire). C'est à cause de lui que j'obéis aux conseils suivants :Courir régulièrement, rester toujours sur le parcours, ne pas s’arrêter de courir même si c'est lent – ça va toujours plus vite que marcher - ne pas perdre l'espoir en cas de crise...
SA : Quels sont tes prochains objectifs ? JA : Le Défi Val-de-Travers au mois de juin et après je veux faire des courses dans la nature. J'aime bien les 24 h mais une fois par année ça me suffit. SA : Qu'est-ce que nous pouvons te souhaiter pour l'avenir ? JA : Que Christian et moi restions en bonne santé pour que nous soyons encore longtemps capables de courir des Ultras. Merci beaucoup pour les vœux et votre intérêt.
Publié le 22 mai 2010
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