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Interview Arthur Baldur
La 2ème édition du TVSB aura lieu les 03 et 04 juillet. La participation sera internationale. Arthur Baldur sera de la partie. Papa, analyste programmeur, blogueur et coureur, il vit la course en toute simplicité, avec intelligence et humour.
Stéphane Abry : Raconte-nous ton parcours en course à pied... Arthur Baldur : Ma pratique de la course à pied est relativement récente quoique les années finissent par s'accumuler. J'entame ma 6ème année ! J'ai un passé sportif proche du zéro absolu. Un peu de sport collectif (handball) étant gamin mais le moins que l'on puisse dire c'est que je n'aimais pas cela. Notamment l'aspect : tu es bon, tu joues, tu l'es moins, tu retournes illico sur le banc de touche. Il faut dire que je faisais partie malheureusement du second groupe de joueurs. C'est tout sauf motivant. Du ski alpin l'hiver, un peu de randonnée l'été (notamment le GR20) mais de manière si épisodique que ça ne faisait pas de moi un sportif. Juillet 2003. Mes parents sont originaires du Haut-Doubs à proximité de Métabief, un vrai paradis pour le vélo. J'ai investi dans un VTT en 2003 histoire de faire quelques balades l'été sur les nombreux circuits balisés. A la fin des vacances, le vélo est rentré avec moi. J'avais mordu à l'hameçon ! J'en ai profité pour arrêter de fumer. Une petite séance (de plus en plus longue) par semaine, puis deux … mais c'était difficile. Le vélo demande plus de temps et ce n'est pas évident de s'entrainer en hiver quand les journées sont courtes. Août 2004. Je tourne en rond. « Mais va donc courir ! », me suggère ma moitié. 45' plus tard, je suis de retour. Une révélation ! Qui se traduit par 2 séances de course à pied et une sortie VTT par semaine. Deuxième révélation : ma femme s'est inscrite au semi-marathon de Lyon. Je suis sur le cul. On peut faire un semi-marathon sans être un sportif confirmé ? Juin 2005. Les Foulées de Beauregard (Ma 1ère compétition). Une course nature de 14 km sur les hauteurs de Saint-Genis Laval dans la banlieue lyonnaise. Je m'attendais à finir dans les derniers. Je découvre avec stupeur comme l'on peut se transcender pendant une compétition. Je double, je suis doublé, c'est dur mais je m'amuse comme un fou. Une grosse décharge d'adrénaline. Je termine en milieu de peloton totalement euphorique. Septembre 2005. Les choses s'accélèrent. Je participe à mon premier semi. J'ai suivi un plan d'entrainement pour l'occasion et j'ai effectué mes premières séances de fractionné pendant l'été. Ca calme ! Je découvre que le monde est rempli de coureurs. Je ne leur prêtais aucune attention avant. Il y en a partout. Dans les rues, dans les parcs et … sur le web. Carnets d'entrainements, forum, rencontres virtuelles, puis physiques. J'ai fait la connaissance de Biscotte. L'année suivante, à la même période, ce sera le tour de Tazounet puis d'autres, beaucoup d'autres. Partager une mousse avec mes compères, ça n'a pas de prix. Avril 2006. Mon premier marathon avec un plan d'entrainement du site Athlète Endurance. Manque d'expérience, entrainement trop éprouvant effectué à des allures inadaptées, je termine lessivé. J'ai perdu 5kg en route. Il me faudra de longues semaines pour récupérer mais je suis marathonien et l'envie est plus forte que jamais. Décembre 2006. La SaintéLyon. Ma Course fétiche. Courir une nuit entière, relier les villes de Saint-Etienne et de Lyon avec des conditions météo difficiles, la boue, la pluie, la neige, le brouillard, le froid … physiquement inconcevable il y a peu de temps encore. J'ai longuement hésité lors de mon inscription. J'y vais, j'y vais pas ? J'y vais bien sûr et j'ai même pris un abonnement longue durée. Août 2008. La CCC. Mon premier véritable ultra. La « petite course » de l'UTMB. Je l'aurais entendu à Chamonix ce « vous faites la p'tite ? ». Que dire ? Une formidable aventure sportive et humaine. J'ai effectué l'intégralité du parcours en compagnie de Line rencontrée le jour même en attendant les navettes pour Courmayeur. Décembre 2009. Biscotte m'a innocemment proposé de faire la « LyonSaintéLyon ». Il va sans dire que ce n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd. Plus c'est long, plus c'est bon … C'était quand même bien long surtout le retour mais j'ai transformé illico mon abonnement … Qui sait, il y aura peut-être une « LyonSaintéLyon » officielle un jour ? Je serai fin prêt ! SA : Comment en es-tu venu à te passionner pour le trail ? AB : Pour tout un tas d'excellentes raisons. J'aime la nature, la montagne, les beaux paysages. J'imagine que c'est le cas pour tout le monde. J'aime l'aspect ludique du trail, la diversité des terrains pratiqués, le dénivelé mais plus que le trail lui-même, je suis attiré par l'ultra-trail. La durée d'effort, l'incertitude quant au bon déroulement de l'épreuve, autant d'éléments qui favorisent l'introspection et une meilleure connaissance de soi. Que d'émotions ressenties pendant ces mini-aventures. Des émotions qui n'ont de sens que si elles sont partagées. Et ce format d'épreuve moins axé sur l'aspect chrono favorise les contacts humains. Biscotte est tombé dans la marmite du trail en 2007, une année avant moi. Je me suis empressé de l'y rejoindre en 2008 et purée, qu'est-ce que j'ai bien fait ! Je ne fais pas pour autant de « fixette » sur le trail. J'aime avant tout la diversité. Les courses que j'ai programmées en 2010 le montrent.
AB : Il est similaire en volume au programme (réellement) réalisé en 2009 (630 km et 22 300 m de D+) mais il est plus progressif donc plus facile à appréhender du point de vue de l'entrainement. C'est simple : du plus court au plus long ou presque. Cela m'a permis de travailler ma vitesse de base en début d'année avec succès puisque j'ai amélioré ma marque sur 10 km début mars (Les Foulées Tassilunoises). Je n'avais pas pu le faire l'année dernière du fait de ma participation à la Piste des Seigneurs qui nécessitait un minimum de volume. Et puis j'ai découvert le cross. Depuis le temps que j'en avais envie ! Ma pratique s’oriente bien sûr toujours autant vers le long avec 4 courses de plus de 100 km dans l’année. Mes deux objectifs principaux de l’année seront le Trail Verbier Saint-Bernard au mois de juillet et la LyonSaintéLyon en décembre. Les objectifs secondaires seront l’Ultra des Coursières des Hauts du Lyonnais en mai et le 100 km de Millau en septembre. Le trail des Cabornis, le Lyon Urban Trail et le Nivolet Revard me permettront une montée en charge en douceur. SA : Arthur, tu vas participer à la 2ème édition du Trail Verbier - St Bernard. Qu'attends-tu de cette course ? AB : Ce que l'on peut attendre d'un ultra-trail montagnard : en prendre plein les mirettes ! Le plein d'émotions à partager avec mon compère Biscotte. Cela me permettra d'accumuler de l'expérience pour la suite ... SA : Comment vas-tu organiser le repérage ? AB : Hé ! Quand j'ai signé, on ne m'a pas dit que je devrais me taper le parcours deux fois ! Non, pas de repérage. Qu'on ne se méprenne pas, je ne dis pas que c'est inutile. C'est même très certainement indispensable pour faire une performance … mais je ne vais pas à Verbier pour cela. Le plaisir de la découverte sera intact. SA : Comment vas-tu t'y préparer ? A quoi ressemblera une semaine type d'entraînement ? AB : Dans sa phase spécifique, mon entrainement comportera 5 séances et devrait ressembler à quelque chose dans ce genre : Séance 1 : 45 minutes de footing léger. Séance 2 : 2 heures de footing dans les pentes de Fourvière (terrain très vallonné, escaliers …). Séance 3 : 30 minutes de footing + 25x100m à 100% VMA, récupération 100m footing + 15 minutes de footing. Séance 4 : 60 minutes de footing + 12x80m dans une côte modérée. Séance 5 : 60 minutes de footing + 3x15 minutes allure marathon, récupération 5 minutes + 30 minutes de footing en alternance avec des sorties en rando course (5/6h pour la plus longue). En ayant participé à l'Ultra des Coursières en mai, j'aurai déjà accumulé pas mal de volume. Je corrigerai le tir en fonction des sensations du moment. SA : 110 km, 6'900 D+... tu conseilles quoi comme stratégie de course ? AB : Conseiller une stratégie de course ? Wow ! Je suis un néophyte dans la pratique de l'ultra. Un trailer junior avide de découvertes mais j'ai encore les pieds bien tendres. Une belle peau de bébé. Je ne parle pas des trails longs mais des trucs bien costauds qui vous occupent une bonne journée et plus si affinité (à mon modeste niveau s'entend). La CCC 2008 est ma première et seule réussite officielle d'un ultra. J'ai appris à mes dépends que rien n'était gagné sur ce genre de balade en pliant bagage prématurément à la Montagn'Hard et à l'UTMB l'année dernière. S'il y a un truc que je n'aime pas, c'est bien de voir l'arrivée d'une course sans en avoir franchi l'arche. Purée, c'était dur à Chamonix ... En marge des courses officielles, j'ai quand même eu le plaisir de boucler en off la LyonSaintéLyon. Une expérience très enrichissante humainement parlant et plus exigeante qu'il n'y parait au premier abord. Dans ces conditions, il serait prétentieux de ma part de vouloir conseiller à quelqu'un une quelconque stratégie de course. Tout au plus, je pourrais citer dans mon cas ce qui est probablement mon principal point faible : l'euphorie ! J'aime ces moments d'intense félicité où la difficulté de l'effort s'amenuise, la fatigue s'estompe, les douleurs s'effacent, il ne reste que le plaisir de courir dans des paysages somptueux. Le revers de la médaille étant que j'y succombe un peu trop volontiers et dans une débauche d'énergie peu compatible avec la durée de ce type d'épreuve.
AB : J'essaye de positiver et j'attends que ça passe. Après tout, c'est moi qui ai choisi de venir ici. Je ne suis pas à plaindre, les paysages sont sympas et dans quelques kilomètres je vais m'avaler un délicieux bouillon aux vermicelles. Que demande le peuple ? A vrai dire, j'ai beau connaitre ce phénomène propre aux épreuves de longues durées, cette alternance de phases d'euphorie et de coup de moins bien, il y a malheureusement un moment où mon cerveau ne gère plus rien ... Dans ces moments, je ferais mieux de ne penser à rien ! Il n'y a rien de plus têtu qu'un cerveau qui a décidé de ne plus avancer. Un bon coup de pied aux fesses de la part d'un pote serait probablement un excellent remède pour continuer à me faire avancer. Un autre serait de supprimer le choix de l'abandon, d'éradiquer cette alternative. Tiens, et si on supprimait les navettes ? En tout cas j'ai enregistré le conseil lu dans une édition du magazine Ultrafondus : ne jamais rendre son dossard à l'arrivée d’un ravitaillement. Changez-vous, pomponnez-vous, faites le plein de nourriture terrestre … Cela vous donnera (peut-être) le temps suffisant pour vous refaire une santé et un moral (presque) tout neuf. SA : Au fait qui est Biscotte ? AB : Ma Biscotte ? C'est mon compère de la première heure. Celui qui m'a fait découvrir le trail. C'est du costaud une biscotte. Il a peu de temps disponible pour s'entrainer mais avec 3 séances d'entrainement par semaine il est capable d'absorber des courses comme le Grand raid du Mercantour ou la Montagn'Hard. J'ai parcouru près de 380 bornes en compétition avec lui l'année dernière et nous sommes bien partis pour en faire encore plus en commun cette année. Il sera bien sûr de la partie à Verbier et je m'en réjouis. Notre prochaine balade commune sera au Lyon Urban Trail le 28 mars. Partenariat avec le Trail Verbier - St Bernard Publié le 21.03.2010
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SA : Tu as d’ailleurs un joli programme de courses pour cette année…
SA : Quand la difficulté apparaît en ultra-trail, tu penses à quoi pour tenir le coup ?