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"3 questions à..." Juan Carlos Pradas

 

juan carlos pradas 1Imaginez courir 333 km non-stop dans le désert... Peut-être difficilement imaginable pour certains et pourtant tout à fait "accessible" à une poignée d'ultra-marathoniens, dont Juan Carlos Pradas.


Stéphane Abry : Tu reviens de la Trans 333... mais qu'est-ce qui t'avait poussé à y aller ?

Juan Carlos Pradas : Il y a quelques années, j'ai suivi avec passion les aventures de Gérard Cain. Ses récits du Raid Montpellier Valencia (RMV), de la Trans 333 ou autres 555+ me fascinaient. Je crois que j'ai toujours gardé en moi cette envie de découverte. Depuis la petite graine de l'envie a poussé et c'est ainsi que je me suis retrouvé à courir le RMV, cette année la  Trans 333, inoubliable.


SA : Qu'est-ce qui t'a marqué durant ces 3 jours de course dans le désert ?

JCP : Ce qui m'a le plus marqué durant cette expérience, d'une part c'est la patience. La patience d'avancer, pas à pas. Chaque contrôle était une victoire, une avancée vers la libération des émotions. Durant ces heures de dunes, de caillasse, de désert immense, tout se mélange, joie, euphorie, souffrance, lutte contre le sommeil, le froid, l'apaisement. 333km ça se dit vite, très vite, ça se vit longuement, petit à petit, passionnément... patiemment. D'autre part c'est l'aventure humaine que j'ai vécue avec Sergio Fernandez. Nous avons partagé cette course de la première foulée à la dernière embrassade ensemble. Une richesse que je savoure encore plus aujourd'hui. Durant la course nous faisions chacun notre "travail", avancer, un mot pour tenter de maintenir l'autre éveillé, un silence pour respecter les doutes, un regard empli d'étoiles lorsqu'on a compris qu'on aller y arriver...


trans 333

SA : Comment as-tu géré les douleurs physiques et mentales ?

JCP : Plus que la douleur physique, que je n'ai pas trop ressenti si ce n'est une douleur aux pieds due aux nombreuses heures à courir (77h), c'est parfois la douleur psychique qui m'a surpris. Autant mon ami Sergio a subi des hallucinations lors de la deuxième nuit autant de mon coté je tenais des raisonnements intellectuels totalement irréels. Je m'explique, au bout d'un certain nombre d'heures j'avais (je croyais :)), compris que le temps jouait en notre faveur : plus le temps avançait plus nous nous rapprochions de la ligne d'arrivée, aussi j'en arrivais à me convaincre mordicus de m'arrêter de courir et d'attendre que le temps fasse son affaire, c'était si simple et évident !...je n'avais pas saisi que si le temps filait et que si je n'avançais pas, j'étais dans un cercle qui devenait très vicieux... quand la tête nous joue des tours... « horribilis delicious 333 ! »

 

Règlement Trans 333 - 2009

Juan Carlos Pradas soutien "Fanny et la Vie"

Crédit photo Stephane www.altecsport.com

Publié le 13 décembre 2009

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