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Interview Fabien Debaucheron
Nous venons tous à la course à pied pour des raisons ou besoins différents. L'étincelle pour Fabien Debaucheron n'est pas classique et depuis quelques années il donne du sens à ses foulées.
Stéphane Abry : Fabien, parles-nous de ton parcours sportif... Fabien Debaucheron : J'ai commencé à courir au collège par les traditionnels cross scolaires, et très vite je me suis retrouvé à jouer les premiers rôles alors que je ne m'entrainais pas. L'envie est venue suite au visionnage du marathon olympique féminin de Los Angeles en 84. Avec cette coureuse suisse (Ndlr : Gabriela Andersen-Scheiss) qui a terminé l'épreuve dans un état très critique, mais qui poussée par je ne sais quoi, à voulu franchir cette ligne d'arrivée anecdotique pour lors. Je me suis alors posé la question suivante : « qu'est ce qui pouvait pousser quelqu'un à se mettre dans un tel état ? » Cinq après, en courant mon premier marathon, à 17 ans, à Paris, j'ai compris.
SA : Le trail et l'ultra depuis quand ? FD : Depuis 2004, suite à des blessures aux tendons d'achille et mollets à répétition. Je me suis aperçu qu'en courant plus doucement ça allait. Donc j'ai alors allongé les distances.
SA : A l'heure actuelle, combien de raids au compteur et lequel t'a le plus marqué ? FD : J'ai commencé par le Grand Raid Sahara en mauritanie, et ça a été un déclic. Depuis j'y suis retourné 2 fois et j'ai participé 4 fois au marathon des sables, avec une 19ème place en 2007.
SA : Tu es donc un coureur "multidisciplinaire" : marathon, trail, ultra... comment tu t'y prends pour t'éclater dans chaque discipline ? FD : Le marathon, je l'ai mis de côté depuis Paris en 2003 et mes 2h33'31. Des blessures m'ont toujours écartées du chrono depuis. Le trail, je le prends comme il vient. C'est à dire un dépaysement total, des rencontres sympas et si chemin faisant je me sens bien et qu'il y a moyen de faire quelque chose, je fonce. Mes années de coureurs de 1500m (3'44"65) sommeillent toujours en moi. L'ultra, c'est pour moi une quête, une recherche sur moi-même et un plaisir intense de bien-être une fois le devoir accompli.
SA : Tout cela à aussi un coup financier. Qui sont les sponsors et partenaires qui te soutiennent ? FD : Sans sponsor, pas de raid. Depuis 2 ans mon employeur Transpole m'a financé pour le MDS (Marathon des Sables). Ce n'est pas non plus une vache à lait, c'est pourquoi je fais mon maximum pour médiatiser mon aventure (journaux, radio, TV, magazines...).
SA : Fabien, tu donnes également du sens à ta passion en soutenant une association, laquelle et pourquoi ? FD : Association Athina Ichtyose Monaco, l'AAIM. Je cours pour elle depuis mon premier MDS. C'est une petite fille de 6 ans qui s'appellle Athina et qui souffre du maladie orpheline l'Ichtyose. Pour faire simple, c'est une dégénérescence de son épiderme. C'est lourd à vivre au quotidien et mes quelques souffrances rencontrées durant mes courses ne sont rien à côtés. Ma souffrance je la choisie, pas Athina.
SA : Quels sont les buts de cette association ? FD : Récolter des dons pour financer la recherche.
SA : Quel regard portes-tu sur Athina, quelle relation as-tu avec elle ? FD : D'une personne quelconque il y a 5 ans, je suis "tonton Fabien" maintenant. C'est énorme pour moi. Elle compte beaucoup tout comme sa famille avec qui je garde des contacts téléphoniques réguliers.
SA : Le chaud et la lumière sont des facteurs aggravant de la maladie, et toi Fabien comme pour conjurer le sort, tu cours (entre autre) dans le désert en faveur de l'AAIM. Qu'en penses-tu ? FD : C'est une façon pour moi d'essayer de conjurer le sort. Même si ma première participation au MDS m'a été fatal. Abandon lors de la longue étape suite à une déshydratation sévère.
SA : Comment pouvons-nous aider à notre tour l'AAIM ? FD : En allant faire un tour sur le sîte www.aaimonaco.org, et de faire un geste. Il n'y a pas de petits dons et chacun des euros versés servira à financer un des 4 pôles européens qui cherchent à combattre la maladie.
Publié le 18 novembre 2009
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